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بطلة الشعر غنوة مالك ابي صعب تكتب قصيدة عن خالها فادي رستم احد ضحايا الطائرة التي سقطت منذ سنتين

قصيدة رائعة للَبنانيّة المقيمة في غانا غنوة مالك ابي صعب تعبّر من خلالها عن تأثّرها الشديد بسبب فاجعة سقوط الطائرة القادمة من بوركينا فاسو الى لبنان منذ حوالي السنتين و التي كان من بين ضحاياها خالها رجل الأعمال المرحوم فادي رستم الذي كان له ثلاثة اولاد و معروف عنه في اوساط الجالية اللبنانية كم كان محبوباً من الجميع.
مع الاشارة الى أن غنوة قد فازت في نظم الشعر باللغة الفرنسية من بين طلاب دول افريقيا الفركوفونية.
 
"Ça commence avec un sourire sur une photo, celle que je croise à l’entrée accrochée sur les grands barreaux blancs de la fenêtre du 1er étage de l’immeuble. T’as ta chemise ouverte au 3ème bouton comme à ton habitude, devant la crèche de l’église ; avec le gilet bleu que tes frères t’ont offert, celui qui a toujours l’odeur de ton parfum mélangée à celle du tabac. Ta voix résonne dans ma tête : « sers-moi un verre d’eau ; et apporte un cendrier en même temps s’il te plait » ; Ce fameux sourire qui ne quitte jamais ton visage, que ce soit pour cacher ou pour montrer ce que tu ressens, fait défiler des souvenirs : photos et enregistrements qui ne pourront jamais être effacés de ma mémoire. Des centaines de photos ont été prises la semaine du 24 juillet 2014. Ce jour-là, toute la famille était réunie. Tout le monde parle, tout le monde rigole ; on chante avec tes fils. Pendant ce temps je suppose que tu finis quelques affaires avant de te rendre à l’aéroport. 
 
tu fais un dernier check-up avec les employés de ton supermarché et tu montes dans la voiture. On se demande ce qui s’passe ; pourquoi tout le monde se réunit au 8ème? Pourquoi tout le monde se tait ? 
 
2h avant Tu descends de la voiture, et enregistre tes bagages. « Air Algérie, vol 5017, veuillez vous rendre dans la salle d’embarquement. Je répète, tous les passagers du vol AH 5017 doivent se rendre immédiatement dans la salle d’embarquement, merci ». On se demande toujours pourquoi tout le monde se réunit devant la télé chez tes 2 frères, « Nous avons perdu la trace d’un avion qui a décollé ce matin de Ouagadougou, Burkina Faso » ; « Air Algérie, vol 5017, nous envoyons actuellement les troupes » ; « Selon les dernier signaux reçus, l’avion aurait disparu en survolant le Mali » ; « nous n’avons toujours pas retrouvé l’avion ». Personne n’ose prononcer un mot. On parle de ton vol sur toutes les chaines françaises. Tu n’étais pas le seul à t’y retrouver : il y avait des élèves, des parents ; ton beau-frère Omar étant près de ton siège 12B. plusieurs jours, sans confirmation. Les reporters se retrouvaient en masse à l’entrée de l’immeuble avec des caméras et des micros ; « nous sommes en direct avec la famille d’une des victimes du crash de l’avion air Algérie : comment se portent vos proches ? Pourriez-vous nous raconter quelles ont été vos réactions lorsque vous avez appris ce qu’il s’était passé ? » . sans que l’on puisse retenir un seul mot de ce qui venait d’être prononcé, on avait la tête vide, complètement vide. Du regret, de la peine, de la souffrance, de la colère, du dégoût ; et encore… Tes fils se sont culpabilisés : tu les as éleve en tant que père divorcé ; ils se sentent coupables de ne pas avoir passé plus de temps avec toi, de ne pas t’avoir écouté quand tu les conseillais, d’avoir oublié ton anniversaire parfois. Mais surtout, n’ont pas eu la chance de t’entendre, de te voir avant le départ. Maintenant mes cousins sont bourrés sans cesse, l’un s’enferme dans sa chambre sans rien avaler ; l’autre s’assoit à 3 heures du matin sur le toit de l’immeuble et refuse de descendre ; le troisième aux yeux rouges, enflés se défoule en frappant tout ce qu’il peut  trouver en face de lui.. Mamie a accroché des photos de toi dans chaque coin de la maison. Elle était beaucoup trop habituée à attendre tes visites chaque soir. Son diabète empire de jour en jour et elle est régulièrement en hypertension. Tous les jours on allume une bougie. Pour toi et pour toutes les autres victimes qui ont subi le même sort « Le dimanche 20 décembre, le Liban a accueilli les 19 libanais qui étaient dans cet avion. Reposez en paix. »  
voir des photos, des vidéos, des reportages, parler de souvenirs sous forme de rêves et finalement se retrouver face à un cauchemar. Lorsqu’on dit une blague, on la trouve drôle, on rigole 1 fois, 2 fois, 3 fois,… puis on rigole plus. Alors qu’on peut pleurer éternellement pour l’unique et même raison. Je n’ai jamais eu conscience de la valeur d’un moment. Jusqu’à ce qu’il devienne souvenir."
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